01/16/2024

La Fondation 91¶ĚĘÓƵ et plusieurs de ses membres font partie des co-dĂ©positaires d’une rĂ©solution d’actionnaires qui exige de Shell qu’elle aligne ses objectifs climatiques sur les Accords de Paris. Cette rĂ©solution, dont le dĂ©pĂ´t a Ă©tĂ© coordonnĂ© par l’organisation Follow This, sera soumise au vote des actionnaires lors de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale 2024 qui se tiendra au mois de mai.

Shell est l’un des principaux producteurs de pĂ©trole au monde et par consĂ©quent l’une des sociĂ©tĂ©s les plus Ă©mettrices de gaz Ă  effet de serre (GES). Si elle s’est engagĂ©e Ă  rĂ©duire ses Ă©missions nettes de GES Ă  zĂ©ro d’ici Ă  2050 (« Net Zero 2050 »), la sociĂ©tĂ© pĂ©trolière britannique continue d’investir massivement dans les Ă©nergies fossiles et notamment dans l’exploration de nouveaux gisements. Face Ă  cette contradiction, une coalition de 27 investisseurs institutionnels reprĂ©sentant plus de EUR 3'800 milliards d’actifs et près de 5% du capital de Shell, a dĂ©posĂ© une rĂ©solution d’actionnaires climatique Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale 2024 qui aura lieu au mois de mai. CoordonnĂ©e par l’organisation Follow This, cette coalition inclut la Fondation 91¶ĚĘÓƵ et plusieurs de ses membres.

Cette résolution exige de Shell qu’elle aligne ses objectifs de réduction de ses émissions de GES, y compris les émissions liées à l’utilisation de ses produits pétroliers (domaine 3), sur les objectifs de l’Accord de Paris. Autrement dit, qu’elle tienne ses engagements en revoyant sa stratégie, ses investissements et son modèle d’affaires afin d’émettre une quantité de GES qui soit en adéquation avec un scénario d’un réchauffement global en dessous de 2°C et aussi proche que possible de 1.5°C d’ici à 2050. Si cette résolution devait être approuvée par une majorité d’actionnaires, il reviendrait au conseil d’administration de mettre en place une stratégie permettant d’atteindre cet objectif.

Pour les dĂ©positaires, cette rĂ©solution vise autant Ă  contribuer Ă  une limitation du rĂ©chauffement climatique qu’à protĂ©ger les intĂ©rĂŞts Ă  long terme des actionnaires de l’entreprise. En effet, l’évolution vers des rĂ©glementations moins favorables aux Ă©nergies fossiles, la transition vers des Ă©nergies renouvelables, ou encore les conflits juridiques qui guettent les entreprises de ce secteur posent de nombreux risques financiers pour les actionnaires. 

Intensification des mesures liées à l’actionnariat actif

Le dépôt d’une résolution, et son soutien lors de l’assemblée générale, fait partie des mesures d’intensification dont disposent les actionnaires pour tenter d’influer de manière positive sur les pratiques des entreprises dont ils sont les copropriétaires. Elle intervient généralement pendant ou après le dialogue actionnarial et juste avant le désinvestissement d’une société.

« Lorsque le dialogue actionnarial ne suffit pas Ă  faire Ă©voluer les pratiques des entreprises, il est nĂ©cessaire de recourir Ă  des mesures d’intensification, souligne Vincent Kaufmann, directeur de la Fondation 91¶ĚĘÓƵ.  C’est aussi une question de crĂ©dibilitĂ© de l’actionnariat actif. Car l’on ne peut pas se contenter d’inciter les entreprises Ă  s’amĂ©liorer et ne rien faire de plus si cet engagement ne porte pas ses fruits, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un enjeu aussi urgent et fondamental que le climat. »

Si la Fondation 91¶ĚĘÓƵ reste convaincue que le dialogue actionnarial reprĂ©sente le meilleur moyen pour faire Ă©voluer les pratiques des entreprises, elle a donc dĂ©cidĂ© de recourir davantage aux mesures d’intensification Ă  l’avenir, et notamment au dĂ©pĂ´t de rĂ©solutions d’actionnaires, pour inciter les entreprises Ă  rĂ©duire leur impact climatique de manière Ă  pouvoir atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Cela concerne en prioritĂ© les entreprises fortement Ă©mettrices de GES Ă  l’image de Shell.

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