91¶ĚĘÓƵ s’inquiète que la modification des statuts liĂ©e Ă la rĂ©vision du code des obligations ne conduise certaines entreprises Ă revoir Ă la hausse le seuil nĂ©cessaire pour dĂ©poser un point Ă l’ordre du jour d'une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale (AG). C’est en tout cas ce que propose Swiss Prime Site, première sociĂ©tĂ© du SPI Ă revoir ses statuts, lors de son AG 2022. 91¶ĚĘÓƵ appelle donc les actionnaires Ă s'opposer Ă cette pĂ©joration de leurs droits en refusant le point 7.1 de l’ordre du jour. 91¶ĚĘÓƵ s’inquiète Ă©galement du fait que malgrĂ© la levĂ©e des restrictions sanitaires, peu de sociĂ©tĂ©s souhaitent organiser une AG physique cette annĂ©e privant ainsi les actionnaires de leur droit de s’exprimer et de poser des questions au conseil d’administration.Â
La saison 2022 des assemblées générales (AG) vient de commencer et soulève déjà des inquiétudes. En particulier, la révision du code des obligations suisse pourrait avoir un effet indésirable et conduire à une détérioration de certains droits des actionnaires. En effet, celle-ci prévoit que les actionnaires détenant 0.5% du capital d’une entreprise auront le droit d'ajouter un point à l’ordre du jour d'une AG. Or, ce seuil est aujourd’hui exprimé dans la plupart des sociétés en valeur nominale du capital. Conséquence : parmi les 48 sociétés du SMI Expanded, 23 ont actuellement un seuil inférieur à 0.5% du capital si bien que le changement voulu par le nouveau code des obligations pourrait compliquer la tâche des actionnaires qui souhaiteraient, à l’avenir, déposer un point à l’ordre du jour (voir la liste des entreprises concernées).
La plupart des entreprises attendront 2023 pour adapter leurs statuts en lien avec le nouveau code des obligations. Toutefois, la sociĂ©tĂ© immobilière Swiss Prime Site propose une rĂ©vision de ses statuts Ă son AG du 23 mars 2022 dĂ©jĂ . Elle souhaite notamment fixer le seuil nĂ©cessaire du dĂ©pĂ´t d’une rĂ©solution d’actionnaires Ă 0.5% de son capital au lieu des CHF 500'000 de valeur nominale actuellement, soit 0.04% du capital. Ce changement statuaire, s’il est acceptĂ©, conduira Ă une pĂ©joration significative des droits des actionnaires qui devront dĂ©tenir 20 fois plus de capital qu’actuellement pour dĂ©poser un point Ă l’ordre du jour. "Or, rien n'empĂŞche les entreprises de garder un seuil infĂ©rieur Ă celui prĂ©vu par le code des obligations", souligne Vincent Kaufmanne, directeur d'91¶ĚĘÓƵ.
Par ailleurs, 91¶ĚĘÓƵ constate avec regret que l’ordre du jour de la sociĂ©tĂ© est trompeur. Cette dernière mentionne en effet que les changements proposĂ©s au point 7.1 de son ordre du jour visent Ă renforcer le droit des actionnaires. Bien que cette dĂ©claration soit correcte pour le changement relatif Ă la convocation d’une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire (dont le seuil nĂ©cessaire passera de 10% Ă 5% du capital), il n’en va donc pas de mĂŞme pour ce qui concerne la facultĂ© des actionnaires Ă mettre un point Ă l’ordre du jour. 91¶ĚĘÓƵ recommande donc aux actionnaires de Swiss Prime Site de rejeter le point 7.1 de l’ordre du jour et de rester très attentifs avec les sociĂ©tĂ©s qui modifieront leurs statuts cette annĂ©e et l’annĂ©e prochaine.
91¶ĚĘÓƵ demande le retour des AG physiques
L’autre inquiĂ©tude d’91¶ĚĘÓƵ pour cette annĂ©e concerne le dĂ©roulement des AG. Pour la troisième annĂ©e consĂ©cutive, celle-ci dĂ©marre sous le rĂ©gime de l’ordonnance Covid qui autorise les entreprises Ă organiser leurs assemblĂ©es sans la prĂ©sence physique des actionnaires. Bien que le Conseil fĂ©dĂ©ral ait levĂ© quasiment l’ensemble des restrictions sanitaires en fĂ©vrier, les sociĂ©tĂ©s bĂ©nĂ©ficient encore d’un rĂ©gime de faveurs qui limite fortement la dĂ©mocratie actionnariale.
En effet, les actionnaires ne pourront toujours pas intervenir, ni poser de questions directement au conseil d’administration. Cette situation est d’autant plus problĂ©matique pour les sociĂ©tĂ©s dont les affaires ont soulevĂ©, Ă l’image de Credit Suisse ces derniers mois, de nombreuses questions auprès de ses actionnaires. Par consĂ©quent, 91¶ĚĘÓƵ regrette fortement cette situation et demande aux sociĂ©tĂ©s de reconsidĂ©rer leur position et de permettre la prĂ©sence physique de leurs actionnaires, en particulier pour les AG se dĂ©roulant Ă partir d’avril 2022, tout en respectant les normes sanitaires Ă©lĂ©mentaires.